Ton ego, tes cheveux et moi

C’est l’histoire d’un lien improbable entre une affaire de harcèlement au travail et une histoire de cheveux.

On est d’accord sur le fait que se tromper c’est parfaitement humain, n’est-ce pas ?

On se trompe tout le temps, sur tout et rien.

C’est humain, ce n’est pas grave.

Pourtant, on en fait quand même tout un pataquès.

On va hurler les uns sur les autres pour éviter d’admettre qu’on a tort.

On va faire preuve d’une mauvaise foi intergalactique plutôt que de dire « ah ok je comprends maintenant, je me trompais ».

Comme si en admettant son tort on allait se diminuer d’une certaine façon.

Être quelqu’un d’inférieur. De moins bien.

En philosophie on appelle ça l’égo.

Je me rappelle encore dans les premières années de mon couple, mon copain me disait tout le temps « on peut jamais discuter de rien parce que ton égo est dans tout ».

Du haut de mes 19-20-21 ans, je ne COMPRENAIS PAS cette phrase ! (Dis comme ça on croirait qu’il est beaucoup plus vieux, mais en fait pas du tout. Juste plus sage.)

Et à force de me pencher dessus et de travailler dessus, j’ai fini par comprendre : que dans la moindre remarque, je voyais un jugement. Et donc un risque d’être désignée « inférieure », « moins bien ».

Et ça explique bien tout l’internet de nos jours :

Dans chaque conversation, devant chaque article que tu lis en ligne, devant chaque post instagram qui présente un avis contraire au tien…

À chaque fois qu’un autre humain s’exprime et dit le contraire de ce que tu penses, tu te sens attaqué dans ta valeur en tant qu’humain !

Alors forcément, on tourne en rond o_O

Quand as chaque fois que tu vois pointer au loin la menace d’avoir tord tu ressens tout de suite et de façon simultanée une menace sur ta valeur en tant que personne, tu t’empêches d’apprendre, de progresser, d’évoluer.

Et en passant tu t’empêches d’enrichir l’autre de ton point de vue (parce que quand tu es sur la défensive, franchement, tu ne fais, aucun sens)

Et ça n’aide personne.

Tu n’es pas en train d’exposer ta vision du monde, tu es en train d’essayer de gagner.

Ça change entièrement la conversation.

Je pensais à ça ce matin en pensant à une amie victime de harcèlement au travail et qui me racontait ce collègue qui vient la voir toutes les heures à son bureau pour des questions et/ou des précisions. Elle se sent agressée, harcelée, c’est très dur à vivre.

Et moi j’ai tout de suite pensé : ce collègue semble ultra stressé le pauvre.

La vraie résolution viendrait surement de l’aider à résoudre son stress. (Tout en le maintenant à distance pendant un temps des personnes impactées, bien sûr).

Mais au lieu de ça, ce qui se déroule c’est une guerre rangée à RH et représentant syndical interposé.

Une situation malheureusement bien trop courante en entreprise.

La cause ? L’égo.

Mais bref !

Tout ça à un rapport direct avec les cheveux, promis ! (si si)

Je pensais que c’est la même chose quand je parle de cheveux et de pousse et que je suis rencontrée avec agressivité par des : « Oh mais toi t’es antillaise de toute façon ! »

 » C’est n’importe quoi c’est juste la génétique j’aurais jamais des cheveux c’est comme ça »

 » Quel produit tu utilises, donne-moi juste le nom du produit !!! »

Et j’en passe et des meilleurs.

Tu as un avis, là tout de suite sur comment les cheveux pousse et tu as des croyances, là tout de suite sur TES CHEVEUX (la longueur qu’ils peuvent atteindre, l’épaisseur qu’ils peuvent atteindre, etc.).

Mais imagine que dans cette conversation tu réussisses à mettre de côté ton égo et à RÉELLEMENT écouter ce que disent les experts ? (Moi, par exemple)

Si tu étais RÉELLEMENT ouverte à entendre et RÉELLEMENT ouverte à essayer ?

Comme plus haut, c’est la différence entre une bataille rangée (entre toi et tes cheveux) jusqu’à la mort (de tes cheveux et de ton cuir chevelu en général) et une situation où une personne qui souffrait est aidée et trouve une solution durable à son problème.

Imagine seulement ce qui pourrait se passer…

(Je vois bien plus de femmes noires qui transforment leurs relations avec leurs cheveux parce qu’elles sont ouvertes à entendre que jusqu’ici elles se trompaient, et je vois un monde plein de compassion, avec des environnements de travail non toxiques)

S’aimer tels qu’on est

Parler d’amour de soi et d’estime de soi dans le cadre du cheveu naturel, j’ai trouvé ça longtemps compliqué.

Je me suis d’ailleurs censurée pendant des années sur ce sujet par peur de brusquer ou de choquer.

J’ai toujours surtout voulu être cette personne qui vous aide à passer à l’action.

Qui donne des conseils pratiques et concrets, pas celle qui vous met mal à l’aise en disant des choses dérangeantes comme « aimer tes cheveux naturels fait aussi parti de ton amour-propre », « si tu ne t’aimes qu’en lisse, qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? »

Aujourd’hui, je me sens plus à l’aise avec le sujet et surtout je me crois capable maintenant (vive la maturité !) d’en parler avec bienveillance.

De vous encourager à vous aimer toute entière avec bienveillance.

Mon point de vue est le suivant : le corps, notre corps dans lequel on vit, on doit pouvoir l’aimer de façon inconditionnelle. Exactement comme on aime son enfant.

Ça ne veut pas dire qu’on ne voudra jamais rien changer : ça veut dire qu’on changera parce qu’on s’aime et qu’on a envie d’autre chose, et non parce qu’on se déteste et qu’on ne peut plus se voir en peinture.

On pourrait se dire que ça ne change rien, si au final on choisit de faire un changement (perdre du poids, prendre du poids, changer de look, ou autre) mais en fait, la différence est *énorme*.

Quand on est dans un sentiment de rejet, dans une émotion négative, c’est très difficile de prendre une bonne décision -une décision qui sera bénéfique maintenant et sur le long terme.

On n’a pas l’esprit clair. Notre cerveau est en mode survie -> « danger ! Urgence ! » et est prêt à tout pour en sortir. Et on le sait : dans ce mode, nos capacités de réflexions sont diminuées.

En revanche, quand on part de l’amour, de l’acceptation, de la joie, on prend de bien meilleures décisions. Il n’y a pas d’urgence et surtout, notre cerveau est dans un état optimal pour utiliser toutes ses ressources et choisir la meilleure voix qui s’offre à nous.

De façon plus concrète : si vous faites un régime et du sport parce que vous aimez votre corps et vous lui voulez du bien, ce sera beaucoup plus facile de s’y tenir que si vous le faites parce que vous n’aimez pas votre corps.

C’est pareil pour les cheveux naturels : les soigner parce qu’on les aime est beaucoup plus facile, fluide et durable que les soigner parce qu’on n’en peut plus d’eux et qu’on a lu sur internet qu’ils allaient s’assouplir si on fait des soins.

C’est bien connu : quand on aime, on ne compte pas ! :)C’est un peu comme quand vous rendez service à un pote en vous sentant forcée : la journée de déménagement, va-vous casser le dos et vous allez biiiennn surveiller ce pote pour voir ce qu’il vous donne en retour. Et vous allez vous rappeler longtemps de cette journée d’effort fournie pour cet ingrat !

Par contre je suis sûr que vous avez déjà oublié tous les services rendus avec plaisir, même ceux qui vous ont coûté le plus d’effort. N’est-ce pas ?

C’est la raison pour laquelle je veux mettre l’accent sur cela : l’amour de soi. Avant toute chose.

Ça a changé ma vie et ça continue de la changer chaque jour.

Monter sur scène et inspirer les autres à changer leur vie

La création de mon entreprise

La création de mes programmes en ligne

Mon déménagement imminent dans une maison au milieu de nulle part

Je fais beaucoup de choses que beaucoup considèrent comme très difficiles juste par amour pour moi-même. Portée par mon envie de faire le meilleur pour moi-même et m’offrir le meilleur.

Et toi ? À quel point tu t’aimes ?

Anecdote et amour des cheveux

Je lis dans les cheveux (si, si)

J’ai eu cet échange avec une cliente : [Moi, regardant et touchant ses cheveux] « Est-ce que tu as fait de gros changements dans ton hygiène de vie ces.. 6 derniers mois environ ? »

[Cliente, cherche mon regard dans le miroir, l’air complètement choqué] « TU PEUX VOIR ÇA SUR MES CHEVEUX ?? O_0 » 😂🤣😂Et elle m’explique qu’après avoir commencé à appliquer ma méthode en septembre dernier, les résultats ont été immédiats sur ces cheveux (moins de casse, gain de souplesse, prise de longueur). Du coup, elle a commencé à s’aimer plus, à vouloir prendre plus soin d’elle… et gros déclic : reprise du sport et mise en place d’une alimentation ultra saine. Et ça dure depuis… 6 mois ! 😀#imjustthatgood #monegoestflatté

Donc oui, je « lis » dans les cheveux, vous ne pouvez rien me cacher 😀Et surtout, j’ai kiffé cet échange parce qu’il me confirmait une fois de plus que c’est bien réel : quand on transforme sa chevelure et que l’on change son regard sur ses propres cheveux crépus (non, ils ne sont pas moches, impossibles à gérer et condamnés à être courts) c’est tout naturellement qu’on commence à s’aimer plus (plus d’estime de soi, plus d’amour-propre et donc moins de comportements « destructeurs »).

Et finalement, ce n’est pas étonnant : le stigmate est tellement fort, le préjugé de la société sur nos cheveux est tellement négatif, que forcément, quand on arrive à effectuer l’exploit de se détacher du stigmate, regarder nos cheveux et les trouver beaux, on se libère. C’est comme un brouillard qui se dissipe et qui révèle que tout autour de nous nous poussent à nous trouver 1000 défauts (trop grosse, trop d’acné, trop de cellulite, taille pas assez fine, cheveux trop crépus, cheveux pas assez longs, pas assez doux, pas assez « professionnels », pas assez lisse, peau trop foncée, etc etc.).

(En particulier quand on est une femme noire)

Et on est censé, bien sûr, acheter un million de produits pour remédier à tous nos « problèmes ».

On se convainc même que plus on regarde nos « défauts », plus on se critique, mieux c’est. Parce que ça signifie qu’on « prend soin de soi », qu’on ne « se laisse pas aller ».

Mais vous savez quoi ?

C’est tout l’inverse.

Plus on se critique, plus on se trouve de défauts, plus on les regarde avec obsession dans le miroir, alors moins on prend soin de soi. On n’est pas motivée. On démarre un traitement par-ci, un programme par là, mais on n’arrive pas à s’y tenir. On se dit que les résultats tardent à venir, qu’on n’y arrivera pas, que ça ne sert à rien et petit à petit, on abandonne.

Et vous savez ce qui se passe quand on arrête de se critiquer ? Quand on comprend que le regard qu’on porte sur nous-mêmes n’est PAS objectif, quand on comprend que ce ne sont pas NOS yeux qui regardent, mais le regard collectif d’une société qui a décidé à l’avance de ce qui est beau, alors on peut respirer.

Fermer les yeux.

Et les rouvrir.

Et cette fois se regarder vraiment.

Et s’aimer.

Et par conséquent, se vouloir du bien.

Et tout naturellement, on *veut* manger sainement. On *veut* faire du sport régulièrement, on *veut* soigner sa peau et ses cheveux.

Et un jour, en plus de s’aimer, on se trouve belle.