Obsession des cheveux longs

Commençons par des présentations.

Je m’appelle Maelle Cabarrus, je suis coach capillaire depuis début 2016, je
suis youtubeuse capillaire depuis 2010. J’ai commencé à faire des recherches
approfondies sur les cheveux crépus assez rapidement, dès le moment où je
suis devenue youtubeuse.

Ma motivation ne venait pas uniquement d’une envie de partager et de
faire les meilleures vidéos possible.

C’était aussi –et en grande partie- une
détermination de ma part à avoir les cheveux les plus longs et les plus beaux
possible
.

Un peu comme une revanche sur la vie, ou une tentative un brin
enfantine, de réparer toute la colère et le ressentiment que j’avais accumulé
envers mes cheveux en grandissant.

Parce qu’à ce stade de ma vie, je n’avais jamais eu les cheveux longs, ni
même particulièrement beaux.

J’étais une « négrès a chivé gréné» (comme on dit en
Guadeloupe « noire aux cheveux crépus ») et cette étiquette était chargée de
connotations négatives.

Les « chivé grénés » étaient ceux qui ne seraient jamais beaux, jamais longs,
jamais enviés.

C’était ceux dont il fallait « faire quelque chose », que ce soit via
des rajouts (qui vous valait des moqueries parce que c’était « chivé a léta » –
de faux cheveux qui ne t’appartiennent pas) ou des défrisages (qui venaient
avec leur lots de désagréments, entre les brûlures du cuir chevelu et la faiblesse
du cheveu qui subit ces traitement chimique continuels et devient affiné et
cassant.

J’ai eu mon premier défrisage à 9 ans et je me suis défrisé les cheveux
religieusement tous les 2 mois jusqu’à mes 19 ans.

L E VR A I   O B J ECT I F : S ’AIMER

Les dimanche après-midi à pleurer entre les jambes de ma mère parce que
j’avais tellement mal pendant le shampoing et la coiffure, ont été remplacés
par les larmes sur le visage alors que j’avais le cuir chevelu en feu mais qu’il
n’était pas encore temps de rincé.

J’ai porté des rajouts continuellement, en pointillé, de mes 5 ans à mes 23 ans.
J’ai fait mon dernier défrisage en août 2008, et mes derniers rajouts en janvier
2012.

J’ai tracé un trait dans le sable : plus jamais je ne renierais mes cheveux. Plus
jamais je n’irais chercher ma beauté « ailleurs ».

Ma position peut sembler
extrême et je tiens à la clarifier : je comprends parfaitement que l’on puisse
vouloir se défriser les cheveux ou alors porter des rajouts ou tissage sans que ce
soit pour « chercher sa beauté ailleurs ».

Mais dans mon cas, pendant toutes ces années, c’était le cas.

Et je pense que pour la majorité des femmes noires, encore de nos jours, c’est
aussi le cas.

Quand vous vous dites « c’est pour changer de tête » ou alors « juste pour faire
un break » qu’est-ce que vous dites, en réalité ?
Que vos cheveux tels qu’ils sont fatiguant ?
Que vos cheveux tels qu’ils sont ne sont pas assez ? (parce qu’on peut très
bien changer de tête sans changer radicalement de texture ou sans rajouter
de mèches).

Je pense que l’on toutes se poser la question pour vraiment guérir cette blessure
d’estime que vous portons en nous, femmes noires.
Pendant des générations et des générations nous avons été des biens meubles.
Notre féminité a été dévouée, niée, ou animalisée.
Pendant des siècles, nos cheveux ont été utilisés contre nous pour nous faire
croire que nous étions inférieures.

Et même si aujourd’hui ce n’est plus vrai, la blessure est toujours là. Nous n’avons
pas eu le temps de guérir, nous n’avons eu le temps de nous relever le menton,
nous regarder en face et nous célébrer. Célébrer notre valeur en tant femme
noire, notre valeur en tant que femme tout court et célébrer notre féminité.
Nos ancêtres étaient trop occupé à survivre au racisme systémique pour
s’occuper de leur blessure d’âmes (et tant mieux, c’est grâce à elle que nous
sommes là, aujourd’hui, PRÊTÉS et CAPABLES).

Mais nous, aujourd’hui, nous pouvons.

Et nous devons.

Mon travail est donc celui-là : j’ai guéri ma blessure d’âme et maintenant je
veux vous proposer de guérir la vôtre.
Et, si vous le voulez bien, vous accompagner dans ce processus.

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