Faire son propre choix

POLÉMIQUE : DOIT-ON ATTACHER NOS CHEVEUX CRÉPUS POUR ÊTRE PRÉSENTABLE ?

Il y a quelques semaines, dans le groupe facebook du programme Crépus & Longs, une personne partageait la remarque d’une collègue sur sa coiffure « qui faisait négligé ». En précisant que ce n’était pas méchant, « que c’était pour elle qu’elle disait ça », « qu’avant elle faisait plus professionnelle ».

Évidemment, la coiffure négligée de maintenant était un braid-out sur cheveux naturels et la coiffure plus professionnelle d’avant était des cheveux défrisés lâchés.

Hier soir, j’atterris en Guadeloupe et ma mère me raconte qu’une présentatrice télé (Yasmina Yacou) a été lynchée pour avoir porté ses cheveux naturels lâchés à l’antenne (encore une fois, un twist-out).

Des gens sont allés jusqu’à dire que Guadeloupe 1ere n’aurait jamais dû accepter qu’une présentatrice se présente de la sorte à l’antenne.

Je ne peux pas vous exprimer à quel point ça m’énerve.

D’abord parce que, merde, les cheveux naturels sont devenus plus présents dans nos vies (dans la rue, dans nos familles, mais aussi dans le paysage audiovisuel) depuis combien de temps, déjà ?

Des années !

Combien de temps encore il faudra encore pour qu’on arrête avec cette idée de la perfection de beauté qui est complètement incompatible avec la vraie nature de nos cheveux ?

Combien de temps encore il faudra se vider un pot de gel sur la tête pour être considérée comme coiffée et présentable ?

Combien de temps, vraiment ?

L’autre aspect de cette histoire qui me met hors de moi c’est cette habitude malsaine que l’on a (en particulier aux Antilles) à dire n’importe quoi à n’importe qui sur son apparence physique ou ses choix de vie sous couvert d’honnêteté.

Sous couvert de « je dis ça pour toi ».

Je suis désolée, mais je n’y crois pas une seconde.

Tu ne dis pas ça pour moi tu dis ça pour TOI.

Parce que TOI, ça te dérange.

Parce que MON choix, là, tout de suite, va à l’encontre du tien et ça te dérange. Et tu ne peux pas t’empêcher de donner ton grain de sel.

Et tu t’en f**s, au passage, de blesser quelqu’un.

(Qui sait, tu te réjouis peut-être même de voir la personne détourner le regard, prendre un air gêné, se remettre en question)

Comme si cette personne, qui arrive aujourd’hui avec cette coiffure que tu n’aurais jamais aurait porté, mérite d’être punie pour avoir osé déroger à la norme à laquelle TOI, tu te conformes au coût de tant d’effort.

Voilà ma suggestion : soit à l’aise avec tes choix.

Fais-les pour TOI, en ton âme et conscience.

Comme ça, tu n’auras pas ce besoin viscéral que tout le monde fasse la même chose que toi, ce besoin viscéral que tout le monde fasse la même chose que toi. Ce besoin viscéral que tes choix soient « choisis » par TOUT LE MONDE (validant au passage pour toi que oui, ouf, c’était bien le bon choix).

Regarde-toi en face et vis pour toi.

Fais-toi plaisir, fais-toi belle comme tu le sens.

Et par pitié f**t la paix aux autres.

Surtout quand les autres ne font rien d’autre qu’accepter, aimer et valoriser la beauté noire et crépue dans la liberté de coiffures qu’elle propose.

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