Timidité et retour au naturel

Après la publication de ma dernière vidéo sur la beauté noire (pour une petite séance de rattrapage si vous ne l’avez pas encore vu, cf. ci-après) j’ai eu une flopée de commentaires, tous très dense et chargé d’expériences personnelles très intéressantes.

Dans cette vidéo je m’inquiète de ne pas assumer d’aller au travail (au siège d’une grande banque) avec un twist-out, net et bien défini, certes, mais trop volumineux à mon goût. Ou plutôt comme ce que j’anticipais être le goût de mes collègues. La peur de choquer, d’attirer l’attention, d’attirer les railleries de mes collègues amateurs de blagues de mauvais goût, autant de raisons qui m’ont poussé à transformer ma super coiffure en simple queue de cheval (enfin, queue de lapin (gros lapin !), pour une image plus proche de la réalité).

twist-out volumineux

Et justement, quand je m’attache les cheveux avec une barrette, j’obtiens une boule moelleuse et cotonneuse, parfois mousseuse, et non des fils de crin qui me tombent directement sur les épaules ou dans le dos. Cette différence fondamentale entraine bien des tracas ! Puisque de fait, mes ondulations de twist-out ne tombent pas en cascade, elles flottent élégamment autour de ma tête d’une façon qui me singularise de façon certaine auprès de mes collègues de travail, tous blanc ou presque (la seule autre noire à les cheveux défrisés). Et je n’aime pas être singulière. Je n’aime pas attirer l’attention sur moi, je n’aime pas être le centre d’attention. Ca peut paraître un peu étrange, dans la mesure où je m’expose constamment au travers de mes vidéos. Mais elles ne sont que le reflet de ma volonté de produire du contenu de qualité pour aider à la progression de la femme noire dans l’acceptation de sa beauté, dans l’apprentissage (ou le ré-apprentissage) des gestes et techniques de beauté qui lui sont propres. Parce que justement, je rêve d’un monde où la majorité des femmes noire sauront comment prendre correctement soins d’elles, de leur peau, de leur cheveux pour se faire belle (sans l’utilisation indispensable d’artifices qui selon moi sont souvent plus enlaidissant qu’autre chose). Je rêve d’un monde où une femme (noire) dont on ne verrait les cheveux qu’un ou deux jours par an en la choppant par surprise sur son trajet pour se rendre chez le coiffeur et  refaire son tissage, ne soit plus monnaie courante.

Je me dis que le jour ou les tissages, perruques et compagnie seront d’une part, portés  à part égales de textures bouclés, crépus ou lisses (après tout, pourquoi ne faire presque toujours que des tissages lisses ??), et d’autre part reprendront leur place d’outils utilisés ponctuellement pour changer de tête, ou en style protecteur, et non en critère de beauté absolu. Cela voudra dire que les femmes auront commencé à savoir s’occuper correctement de leur propre chevelure, cela voudra dire qu’une femme noire avec une belle chevelure (la sienne) sera devenue légion, et plus du tout une exception.

Et alors là, des cheveux « de noir » c’est-à-dire crépus, bouclés ou un quelconque mélange des deux, auront acquis une certaine visibilité. Dans la rue on ne croisera plus (presque) que des textures liss(é)es d’une façon ou d’une autre (faux cheveux, défrisages…)  et alors là, je pourrais aller travailler avec mon twist-out flottant autour de moi sans attirer l’attention. Parce que ce sera tout simplement devenu normal.

J’ai tellement hâte que vienne ce jour !

Ma timidité/discrétion sera alors 100% compatible avec le port de mes cheveux naturels. En attendant, je dois prendre sur moi, et supporter assumer les regards curieux.

Un commentaire à propos de “Timidité et retour au naturel

  1. BONJOUR ,JE TENAIS à vous remercier moi aussi pour tout vos conseilles et les réflections que pourrait dires les collègues je travaille dans un bureau ou nous somment dix, et les regard ou les demandes bizares fusent je connais .parce que je suis naturelle depuis une année.Je continu à regarder vos vidéo parce que je dit que de fraicheur et du naturelle de vôtre par merci, continuer encore . à bientôt

  2. Bonjour, MissCamaelle, je suis en pleine transition, mon dernier défrisage date du mois de décembre, cela fait donc 8 mois que je lutte avec les 2 textures. Je compte couper la partie défrisée pendant mes congés, dans 12 jours, parce que j’ai peur de ne pas assumer cette nouvelle coupe de cheveux et cette texture qui m’est inconnue. Au travail, quelle vont être les réactions de mes collègues, la plupart étant blancs.
    Heureusement 2-3 collègues que je ne cotoie pas, ont leurs cheveux naturelles, et sont bien coiffé, pas d’extravagance, mais pas que des chignons, ça me conforte dans la décision que j’ai prise.
    Maintenant à moi d’assumer, j’espère avec le soutien de mon conjoint, qui est blanc. Parce que une de mes copines noire, me dit déjà que ce sera moche et qu’elle béni le défrisage.

  3. Bonsoir MissCamaelle, je suis en pleine recherche actuellement et je me retrouve dans le même embarras que toi malgré le fait que dans mon ancien boulot, j’arborais avec fierté twist out et autres braid out. Seulement maintenant que je dois faire fasse à d’éventuels nouveaux employeurs je ne sais plus comment me coiffer. « Est-ce qu’avec un braid/twist out je ferai bonne impression? « . L’afro puff (qui pour ma part à mi chemin entre l’afro tiré et la queue de cheval) est ma coiffure de prédilection pour les entretiens parce que je n’ai pas la sensation de choquer. Il est vrai qu’il est plus simple d’être dans la norme mais il est grand temps que nous fassions partie de celle-ci.

  4. Bonjour,
    La réflexion que tu soulèves est vraiment très intéressante.
    Je suis naturelle depuis un an et demi et pourtant je suis encore incapable d’aller travailler avec mes vrais cheveux et oui je préfère porter une perruque (lace front). Il se trouve que je suis commerciale au sein d’une grande entreprise et je ne me trouve pas assez professionnelle et belle pour aller voir mes clients. De plus, je suis souvent sur la route et je gagne vraiment du tps avec ce procéder. Pour moi accepter ma chevelure dans le domaine professionnel n’est vraiment pas facile. Mon compagnon m’aide beaucoup à ce sujet et j’espère que d’ici quelques moi je montrerai fièrement ma chevelure pleine de vie en clientèle et au bureau.

  5. Bonjour,

    Je suis la personne chacha qui avait publié le post du 12 août.
    J’ai enfin décidé de ne plus porter de perruques pour aller travailler. Je me sens fier et libérée.
    A+

  6. Bonjour MissCamaelle!
    Vraiment bel article 🙂
    J’ai bigchopé il ya 2 semaines après un an de transition.Je suis actuellement en congés et je reprends le boulot (médecin) dans 2 semaines et je me pose la fameuse question : comment arranger ces cheveux pour rester « responsable » (aux yeux des patients en fait!) ?
    En attendant j’essaie de tester certaines coiffures pour trouver celles qui seront les plus « conventionnelles » lol.
    Bisous et merci beaucoup pour tous ces partages !

  7. Coucou
    Je me retrouve beaucoup dans ton discours, mon parcours capillaire fut ardu car les femmes chez moi et les gens dans mon entourage ne les valorisaient. Ce n’était certes pas mon cas mais je me demandais au début de mon parcours capillaire est ce que je pourrais me sentir belle avec un afro volumineux. Tout en ne sachant pas la réponse à cette question je me suis lancé tête première sans aucune connaissqnce de la mine d’or présente sur youtube et sur le net. Je ne savais pas du tout comment m’occuper d’eux; (0 routine capillaire) mais le defrisage était un NONO pour moi, je me posais la question de comment je ferai du regard curieux des membres de mon entourage? Pendant 2 ans je ne m’étais que des rajouts, sans m’avouer que c’était car j’avais trop peur de mettre mes cheveux tel quelle. Une fois avoir quitter mon foyer maternelle pour habiter seule et que l’argent devenait un facteur non négligeable (une pose de rajout au salon c’est cher tout de même) j’ai décidé de ne plus mettre de rajout XD et d’apprendre vraiment à m’occuper de mes cheveux. Mes petites recherches me mena à la mine d’or sur youtube (dont tu fais partie bien sûr ;-)) et plus qu’autres choses ce que ça m’apporta c’est un eu plus de confiance que je pouvais etre belle avec mes cheveux. J’ai essayé plusieurs trucs mais après un an,je me suis rendu compte en fait que je m’en fou de la longueur de mes cheveux et que je ne m’en préoccupe pas de manière tres assidue lol. C’est ce que j’ai choisi car je suis partisanne du moindre effort ! La bloggeuse qui m’a le plus aidé dans cette philosophie c’est une belle NIgérienne Américaine qui a le plus belle afro que j’ai vu jusqu’ici : Yagazie Emezi
    Le seul moment ou j’ai mis de l’effort dans l’entretien de mes cheveux a été durant les mois d’hiver, la sécheresse devenait ingérable lol…

    1. En parlant de mon parcours, j’ai oublier de dire ce que je pense sur la fameuse question que tu as soulevé… Serais-ce acceptable de te présenter au boulot avec un big Puff étant donné le type de milieu ? Si je ne m’abuse et si tu veux bien que je partage mon opinion, j’aimerais savoir pourquoi tu ne pourrais pas te présenter avec ton afro. Je me rappelle t’avoir entendu dire que notre beauté est différente non? Une personne avec les cheveux lisses ne se poserait jamais une telles question non ? Je considère quant à moi, que si on dit aimer nos cheveux (je m’inclut dans cette phrase) on devrait pouvoir les coiffer tels qu’ils sont et ce quel qu’en soit le milieu. C’est bien de trouver nos cheveux jolis mais c’est encore mieux de les trouver normaux et peut-être même banales. Est ce que tu suis ce que je dis? Pour moi , le moins on donne  » d’importance  » à quelque chose le plus de liberté on s’offre par rapport à cette chose… Car ce n’est enréalité que des cheveux… Si tu avais considéré tes cheveux pas comme des cheveux crépus, pas comme des cheveux atypiques , mais simplement comme des cheveux (tout en les appréciant et en les aimant comme c’est ton cas) ça ne te serais même pas venu a l’idée de les changer pour les rendre acceptable aux yeux de tes collègues…;

  8. Bonjour misscamaelle !

    Je souhaiterais te faire part de mon ressenti la première fois que je suis allé au travail dans un centre de recherche en automobile (il y a 1 mois et demi) avec mes cheveux naturels et non recouvert de tissage (en gros je passe du cheveux lissé brésilien long au cheveux très court crépus sur twist out : Les gens sont soit tombé des nus voyant la métamorphose (« tu t’es coupé les cheveux ?! »), soit c’était dans l’indifférence totale. Je ne saurais te dire s’il y a eu des messes basse lol, mais en tout cas je n’ai pas spécialement ressenti des yeux dégout face à ma coupe ! ^^

    Après là où ils sont le plus surpris c’est le fait que je change quasiment tout les jours de coupe (car je n’ai pas encore trouvé ce que je recherche, ni en terme de coupe, ni en terme de produits capillaires) entre l’afro puff, cheveux plus étirés, twists out et résultats banktu knot (… ils pensent que je vais quasiment tout les jours chez le coiffeur :p).

    Sinon (attention ce n’est que mon opinion et expérience personnel), j’ai plus l’impression que les noirs m’acceptent beaucoup moins que les blancs, dans la mesure ou ces derniers voient plus comme une coupe que de cheveux non entretenus, et si moi même je pense encore à des cheveux non entretenus quand je me vois sur la glace, c’est parce que j’imagine le lisse toujours comme une norme. J’ai regardé ta vidéo comment plaquer ses cheveux, je l’ai testé pour aujourd’hui et ça a… presque marché (mais pas tout à fait, je voyais quelques mini défauts et ça me faisait ch*** !), et mes collègues ont plutot apprécié (quoi qu’encore choqué par la métamorphose lol).

    Voila ! Et pourtant je suis tellement timide lol ! Mais je suis contente d’avoir franchi le pas avec le travail

    1. Et puis… nous sommes libres en tant que femmes !
      Pas obligé de porter un costar cravate comme les hommes, et surtout, pas obligé de se Raser la tête comme les hommes ! 🙂

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